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Portrait : Rodolphe Von Gombergh
ou Le «Virtual Life Art»
par Jonathan MENERAT (07/04/2011)
«Le vrai mystère du monde
est le visible et non l'invisible» [Oscar Wilde ]
Les progrès en matière de nouvelles
technologies évoluent rapidement du fait d'une demande croissante
de la part du public. Les systèmes informatiques ont vite
été appropriés par des artistes d'un nouveau
genre, qui se servent de ces outils virtuels pour développer
un courant d'art moderne.
Dans le domaine de la recherche scientifique, l'imagerie médicale
apporte une représentation du corps humain à l'aide
de radiographies, IRM, scanners et planches anatomiques où
l'on distingue le squelette, le cerveau et les cellules vivantes.
C'est dans cette discipline que Rodolphe Von Gombergh évolue
et son expertise médicale s'est transformée en une
passion artistique. Son travail influencera de nombreux artistes
sur le thème de la représentation du corps humain.
Dans la même veine que le projet «Our Body», du
très controversé Gunther Von Hagens présentant
des corps décharnés, il met à profit ses connaissances
et sa créativité pour nous présenter une oeuvre
mêlant à la fois l'art et la science.
Né
en 1951 à Boulogne-Billancourt, Rodolphe Von Gombergh poursuit
des études de médecine dans la lignée de son
grand-père, un des pionniers de la radiologie.
Dans les années 90, il met au point un système qui
associe les ultrasons et la 3D en combinant ses connaissances anatomiques
et physiologiques, afin d'y intégrer une dimension artistique.
C'est ainsi que naît le VLT, ou Virtual Life
Art, véritable avancée spectaculaire en matière
de réalité virtuelle, jouant sur les codes de la représentation
des corps humains.
Depuis 1995, il expose régulièrement
ses oeuvres à travers le monde. Parmi les projets les plus
marquants, nous pouvons citer « Avant de naître »
au Centre Pompidou en 1996, « La vie intérieure
des Bouddhas » au musée Guimet en 2005, « Le
pêché original » à l'Hôtel
de l'Industrie en 2009, et plus récemment « Trans-apparence »
à la Maison Européenne de la Photographie en 2010.
Il participera également à de nombreuses expositions
collectives en France, en Allemagne et au Japon, dans le cadre d'une
collaboration avec des artistes de renommée internationale,
tels que Philip Starck et Wim Delvoye.
Se définissant lui-même comme « radiologue à temps plein et artiste à temps complet », il mélange ainsi travail technique, poétique et futuriste. En développant le Virtual Life Art, l'artiste crée une 4e dimension qui combine le vivant au non-vivant, la matière à la transparence, et montre ainsi que notre monde est d'abord celui de l'illusion.
Ses oeuvres reposant ainsi sur l'utilisation d'ultrasons,
d'ondes électromagnétiques et de rayons X, l'invisible
devient visible. Le voyage à l'intérieur du corps
n'est plus une fiction, mais apparaît comme une réalité.
Les compositions sont principalement constituées d'hologrammes,
combinés aux écrans stéréoscopiques
de dernière génération qui permettent un affichage
en relief, sans avoir à porter de lunettes spéciales.
L'autostéréoscopie est un type de représentation d'images en relief ou stéréoscopiques, ne nécessitant aucun dispositif supplémentaire pour restituer l'effet tridimensionnel.
L'impression de relief est obtenue grâce à un réseau
de micro-lentilles (réseau lenticulaire) placé à
la surface de l'image, et constitué de plans imbriqués
représentant chacun un point de vue pris sous un angle différent.
Le réseau adresse alors à chaque oeil une image différente,
et le cerveau de l'observateur se charge de reconstituer l'image
en relief.
Les
logiciels informatiques amenant une multitude de combinaisons possibles
en terme de traitement de l'image et de colorimétrie, l'artiste
utilise également des diodes luminescentes pour mettre ainsi
en évidence certains organes ou certaines pathologies, en
fonction de la poésie qu'il veut apporter au corps. Dans
une autre mesure, ses expositions sont rythmées par une bande
sonore qui joue un rôle très important et permet une
immersion totale.
Par ces créations, il veut rendre les corps
plus beaux et originaux, et fait un rapprochement avec le thème
du masque en peinture.
On veut voir ce qu'il y a derrière, et l'imagerie médicale
le permet aujourd'hui. Pour lui, c'est le travail à accomplir
par les artistes de demain, et l'évolution rapide des technologies
audiovisuelles permet l'émergence de nouveaux outils basés
sur ce concept.
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