Cerebrart -> 2008
Ecoutez de la musique, c'est bon pour la santé !
par Thomas Rajzman (08/04/2008)
La
musique a ses codes de composition comme l'art a ses règles
d'esthétisme pour nous sensibiliser. Il est possible de reconnaître,
même pour les oreilles les moins musicales, les fausses notes
ou les accords dissonants. Or ces notions de musique fausse ou juste
ne sont pas anodines, elles ont un effet sur notre état psychologique.
Par exemple, les sonorités les plus graves nous semblent
plutôt désagréables alors que les aigues nous
apaisent, les modes mineurs nous semblent plus tristes que les modes
majeurs.
Musique et cerveau : que peut nous dire la science ?
L'audition, vu sous l'angle du traitement des informations auditives
par le cerveau, est le plus complexe des cinq sens que possède
l'être humain.
Les chercheurs de l'institut Max Planck des sciences cognitives
et cérébrales humaine de Leipzig en Allemagne ont
étudié les actions de la musique sur le cerveau. Ils
ont entre autres remarqué que les parties excitées
par la musique n'étaient pas les mêmes que pour le
langage mais que la musique couplée à la parole avait
aussi pour effet de stimuler les deux emisphères du cerveau.
Cette image
(PET scan, Positron emission tomography) montre l'activité
du cerveau
quand il est stimulé par des mots, par de la musique,
par des mots et de la musique. - Image : Roger Ressmeyer/Corbis
Plus récemment (2005), le BRAMS
(Institut international de recherches sur le cerveau, la musique
et les sons) a ouvert ses portes à Montréal, regroupant
des chercheurs du monde entier et notamment des professeurs de l'université
de McGill et de Montréal que sont Isabelle Peretz et Robert
Zatorre à l'origine de ce projet. Cet Institut constitue
un lieu d'échange de connaissances unique à l'avant-garde
de la recherche des interactions musique et cerveau. L'une des récentes
études (2008) réalisées démontre le
potentiel de la musique pour les personnes souffrants de lésions
cérébrales, son utilisation améliorant les
traitements notamment par la particularité qu'ont les chansons
de faire fonctionner la communication entre les deux hémisphères
du cerveau. Considérant un échantillon significatifs
de personnes, les chercheurs ont démontré que l'écoute
quotidienne de musique améliore l'humeur des patients et
et augmente leur état d'excitement.
Ces recherches ont pour résultat la compréhension
des interactions entre la psychologie humaine et l'environnement
sonore. Il serait donc possible de traiter des troubles du langage
par la musique en stimulant les parties responsables de ces handicaps
par la musqiue.
Pour traiter les troubles de comportements, l'une des panacées
serait d'écouter... Mozart(1). Ce dernier a en effet utilisé
plus de sonorités aigues dans ses compositions que n'importe
quel autre compositeur, sonorité ayant un effet bénéfique
sur l'humeur. On parle alors de "mozarothérapie",
musique utilisée pour calmer les personnes nerveuses, anxieuse
ou dépressives.
Ludwig van Beethoven était lui aussi conscient des influences
de la musique sur le corps humain, c'est ainsi qu'il choisit préférentiellement
des rythmes imitant le battement cardiaque, permettant à
ses auditeurs de synchroniser les battements de leur cur sur
celui du tempo de la musique écoutée.
D'après
les parents d'Albert Einstein, la pratique du violon a eu sur leur
enfant un effet sans aucun doute bénéfique. N'étant
pas très doué pour les études, ses professeurs
ont conseillé à ses parents de lui trouver une activité
"manuelle". Ils lui ont donc acheté un violon.
Il reconnaîtra des années plus tard que cette pratique
a eu un réel effet sur ses capacités d'abstraction,
capacités l'ayant conduit à formuler la fameuse théorie
de la relativité générale.
Les relations musique/cerveau constituent encore un beau mystère
que les neuroscientifiques tentent d'élucider. La recherche
avance encore ici pas à pas... et les interprétations
des résultats sont difficiles.
A quand une véritable théorie des effets de la musique
sur la matière grise qui nous régit ?
(1) L'effet "Mozart" a été mis en lumière
en 1993 par la spécialiste en neuroscience Frances
H. Rauscher (université du Wisconsin Oskosh - USA), avec
la publication d'un article dans Nature (vol 365, p 611) : "Music
and Spatial Task Performance".
Quelques recommandations de musiques
pour quelques tâches particulières
(du professeur Daniel Levitin de l'université de
Mcgill au Canada)
Etude,
travaux de réflexion :
Mozart, Divertimenti pour vents
Doc Waston, Fondation : collection intégrale de Doc
Waston pour guitare
John Coltrame, ballade
Gary Burton et Chick Corea, Crystal Style
Mike Oldfield, cloches tubulaires
Cuisine
et tâches ménagère :
Sarah McLachlin, Chansons d'hivers
Buena Vista Social Club
Tommy Flanagan, Trio et Sextet
Vivaldi quatres saisons
AC/DC, Back in Black
McFly, Baby's Coming Back
Exercice
:
Avril Lavigne
The Village People
Arrested Development
Creedence Clearwater Revival
The Temptations
The Talking Heads
Madonna, Hung Up
Irene Cara, What A Feeling
relaxation,
endormissement :
Bach: Oboe Concertos, Triple Concerto, Flûte Concerto
Bill Evans, The Village Vanguard Sessions
Chopin Nocturnes
Brahms Lullaby
Peter, Paul & Mary, Greatest Hits
Romance
:
Amerie
Akon, Konvicted
The Postal Service
Ella Fitzgerald, The Cole Porter Songbook
Barry White, All Time Greatest Hits
Debussy, Travaux pour piano
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