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La science au coeur de projets musicaux
par Pierre Otzenberger (15/05/2009)
Ces dernières années, la recherche
sur les effets de la musique sur notre comportement a beaucoup évolué.
Tour d'horizon des projets artistico- scientifiques actuels.
La musique nous aide à vivre : selon de nombreuses études
récentes, notre cerveau sécrète de la dopamine,
lorsqu'on en écoute. Ce neurotransmetteur active dans notre
cerveau des zones dites "de plaisir" déclenchant
alors une sensation de bien-être dans tout notre corps. Ainsi,
suivant le contexte, la musique nous aide à être simplement
heureux, à s'endormir plus facilement, à se motiver
ou même à améliorer nos performances physiques.
Le coup de foudre ne se limite pas au septième art puisque
la littérature regorge de ces moments clés. Dans La
princesse de Clèves de Madame de la Fayette, Madame de
Clèves et le Duc de Nemours tombent amoureux au Louvre dès
le premier regard.
Tempo et rythmes corporels
Réalisée en 2006 à l'université de
Pavie, une étude scientifique démontre que le tempo
musical agit sur le rythme respiratoire et cardiaque ainsi que sur
la pression sanguine. Les travaux montrent que le style de musique
constitue finalement un critère secondaire. Ici, tout est
à affaire de rythme : un tempo lent relaxe alors qu'un rapide
excite.
Une autre étude également menée en 2006 et
publiée dans le journal Heart par le Dr Peter Sleight
et ses collègues de luniversité dOxford
montre que la musique lente fait respirer plus profondément,
diminuant ainsi la pression artérielle et le rythme des battements
cardiaques, tandis que les tempos rapides ont des effets opposés
sur le système cardiovasculaire. Et cela encore une fois
indépendamment du style. L'étude prône alors
que la musique puisse devenir un outil de traitement et de prévention
contre les maladies cardio-vasculaires.
Pour sa part, le docteur Lee R. Bartel, enseignant-chercheur à
la faculté de musique à Toronto au Canada a mis au
point une série de CDs de relaxation(1). Scientifiquement
conçus pour stimuler les ondes du cerveau, il agissent selon
les morceaux écouter pour s'endormir plus facilement ou pour
se relaxer.
Vendus dans le monde entier, ils sont en vogue dans les entreprises
comme outil de lutte contre le stress.
Thalamus et système nerveux limbique
Dans son ouvrage "This is your brain on music"
paru en mai 2008, Daniel Levitin, professeur de psychologie à
lUniversité McGill, explique alors que la musique active
les zones de notre cerveau qui sécrètent de la dopamine.
Le savant affirme que, dun point de vue psychologique, consciemment
ou pas, notre cerveau est constamment en train danticiper
ce qui va arriver. Certains compositeurs jouent alors sur cet état
de fait, travaillant à susciter la surprise dans
leurs créations. Aussi, quand on écoute des chansons
pour la première fois, notre cerveau est excité car
il vient se confronter à l'inattendu, à l'inexpérimenté.
Le point commun de toutes ces études ou recherches est que
les changements des rythmes du corps liés à la musique
sont plus importants sur les musiciens que sur les profanes et cela
indépendamment des goûts musicaux de chacun.
Musique jouissive
D'autres études démontrent que la musique écoutée
à un niveau élevé, fait sécréter
des endorphines, hormones du plaisir. Certains artistes ont alors
pensé pouvoir jouer sur ce phénomène physique
pour donner "de la jouissance aux spectateurs". Dans ce
cadre, trois groupes de la nou velle
scène nantaise - Dr Winky, Cyan, et Ju - ont appelé
leur collectif ORGA.S.M.E. Nom à la connotation plus qu'assumée,
puisqu'on peut lire dans leur blog : il s'agit d'un "collectif
à caractère jouissif, qui a pour but demmener
les gens au 7e ciel".
L'efficacité du projet n'est évidemment pas garantie
- il n'est pas sûr que cela suffise à faire d'eux des
stars. En tous cas, leurs chansons sembleraient assez entraînantes(2).
Musique et performance physique
Plus récemment, une étude datant d'octobre 2008(3)
indique que "La musique améliore de 15% l'endurance".
Le professeur Costas Karageorghis de la Brunel University of London
a fait courir trente sportifs : leur endurance moyenne a augmenté
de 15% lorsqu'ils écoutaient de la musique pop rock. Le plaisir
et l'humeur positive que procure l'écoute de musique aiderait
donc également à améliorer les performances
physiques.
Le
site Jiwok(3) est le premier site dédié au
sport et à la musique. De nombreux témoignages de
la communauté "Jiworkers" y fourmillent montrant
comment la façon de vivre peut changer en cultivant ces deux
arts. On trouve aussi des témoignages poignants, notamment
celui de Boris, racontant comment Jiwok lui "a sauvé
la vie". Le site a même organisé avec le CREPS
de Montpellier (Centre Régional d'Éducation Populaire
et de Sport) un colloque "sport et musique", visant à
améliorer les recherches scientifiques sur le sujet. La communauté
est grandissante et les recherches montre chaque année que
Jiwok aura un rôle à jouer dans la promotion du sport
en musique.
La musique agit bel et bien sur le cerveau
La preuve scientifique que la musique agit sur notre cerveau est
aujourd'hui faite et ne peut plus être remise en cause. Si
les projets scientifiques et artistiques autour de la musique sont
de plus en plus nombreux, espérons que cette tendance ne
vienne à déboucher sur des projets purement mercantiles.
On attend désormais le disque du Pr. Lee Bartel qui nous
aidera à augmenter l'endurance.
Souhaitons aussi longue vie à ORGA.S.M.E et à la communauté
des Jiwokers.
Nous reviendrons certainement sur les suites que l'on pourra donner
à cet article. Signalons cependant dès à présent
les travaux de léquipe dAniruddh Patel (Neurosciences
Institute, San Diego, USA) étudiant les mouvements de deux
oiseaux qui dansent à l'écoute des plus gros succès
musicaux.
A suivre donc...
Notes :
(1) http://
www.unisson.com
(2) http://www.myspace.com/orgasmeproject
(3) http://blog.jiwok.com
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