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Pandora, comme si vous y étiez
par Kevin Hareux (08/04/2011)
Pandora, planète vedette du film "Avatar"
de James Cameron, est une destination de rêve pour tous les
amateurs de science-fiction. Avec l'explosion de la 3D et des nouvelles
techniques du cinéma, l'imagination est au pouvoir avec la
création de mondes plus originaux les uns que les autres...
Pandora
: qui ne rêverait d'y aller ? Malheureusement, cette planète
est fictive. Vision réelle, en 3D d'un univers virtuel, expérience
saisissante, pour le plus grand plaisir des cinéphiles.
Bien que sa taille soit similaire à celle de
la Terre, Pandora, n'est pas à proprement parler une planète
mais une éxo-lune de la planète Polyphème,
située à près de 4,2 années-lumière
de distance de la Terre
Vue de l'espace, elle ressemble à notre monde, avec ses forêts,
montagnes, plaines, rivières, mais aussi une vie très
diversifiée : Pandora possède son propre écosystème.
Un écosystème fictif
La
faune et la flore de cette lune émerveillera les fans de
science-fiction. Une immense biodiversité évolue à
la surface de Pandora, caractérisée par des dimensions
bien plus importantes que notre planète. Les plantes et animaux
y présentent des proportions démesurées par
rapport à ce que connaît l'homme, certainement dues
à une gravité plus faible que la Terre. La flore semble
comparable à celle de la Terre, avec une végétation
luxuriante mais plus imposante. Une importante variété
de plantes plus étonnantes les unes que les autres prospère
sur l'astre. Des arbres immenses, comme l'arbre maison des Na'vis
(habitants de Pandora), de plusieurs centaines de mètres
de hauteur, ou encore l'arbre des voix, un arbre qui peut transmettre
ou recevoir des signaux électriques.
Si les plantes de la Terre sont vertes à cause
de la chlorophylle, les couleurs de celles de Pandora sont à
dominante violette et bleue. Toutes les plantes semblent connectées
comme dans un réseau neuronal. "Chaque arbre compte
en moyenne 104 connexions. Sachant qu'il y a environ
1012 arbres, ceci représente bien plus que les
connexions existant au sein du cerveau humain".
Le
monde animal de Pandora est également impressionnant et dangereux.
Parmi ses créatures, on trouve des sortes de chevaux, les
Equidius, un animal mi-rhinocéros, mi-requin marteau, le
Marteaurau Titanothère ou une espèce de ptérodactyle
appelée Banshee. La plupart des animaux observés de
Pandora sont des hexapodes, c'est à dire qu'ils possèdent
six pattes, ce qui semble être une caractéristique
de la faune, tout comme les animaux quadrupèdes sur Terre.
Cette particularité pourrait être comparée à
celui des insectes sur Terre, qui composent majoritairement notre
faune.
Un monde bioluminescent
Un des aspects magiques de ce monde 3D réside aussi dans
la bioluminescence commune à tous les êtres vivants
de Pandora, aussi bien les plantes et les animaux que le peuple
des Na'vis. On y trouve également une espèce de mousse
qui réagit au choc des pieds sur le sol en émettant
des cercles de lumière bleu vert.

Rappelons que la bioluminescence est cette lumière produite
et émise par différents organismes vivants. Si cette
particularité existe sur Terre, chez certaines bactéries,
insectes ou poissons notamment dans des milieux sombres et profonds
tel que le milieu marin, elle est ici présente partout sur
Pandora. James Cameron, le réalisateur, en a sûrement
été inspiré après avoir filmé
les créatures sous-marines dans Aliens
of the Deep, documentaire présenté en 2005.
Ce spectacle se manifeste la nuit sur Pandora, qui se pare de bleu.
Tous les organismes vivants se mettent alors à émettre
une lumière qui souvent tourne vers des longueurs d'ondes
entre le bleu et le vert, pour que leur forme et leur position soient
repérables en l'absence de lumière extérieure.
La nuit totale sur Pandora est donc très rare, donnant une
vision magique à ce monde.
Un univers virtuel
Exo-lune, paysages, végétation, créatures
humanoïdes : tout a été pensé par le réalisateur.
Tout un groupe d'artistes a débuté la production d'Avatar
début 2006. L'équipe a commencé par concevoir
l'environnement de la planète Pandora pour recréer
la vision de James Cameron. Les designers ont commencé par
dessiner et créer la grande diversité plantes et d'animaux
ainsi que les plans des divers paysages de ce monde inconnu. Puis
ils ont imaginé tout un écosystème, dont l'équilibre
est fragile, tout comme notre planète. Un travail colossal
qui aura duré près de deux ans.
Le
principal studio responsable des effets spéciaux est la société
de postproduction Weta Digital. Elle a travaillé en utilisant
entre autre la "motion capture", qui permet de capter
les mouvements des acteurs, afin de les retranscrire en images de
synthèse dans un univers virtuel.
Pour la réalisation du film, le studio a utilisé
un centre de traitement de données d'environ 1 000 m2,
utilisant 4 000 serveurs Hewlett-Packard représentant 35
000 processeurs. La création de ce monde extraterrestre a
nécessité plus d'un petaoctet (1015 octets) d'espace
disque et chaque minute du film représente 17,28 gigaoctets.
Pour certains plans complexes, les milliers de processeurs mettaient
près d'une journée pour calculer une image, qui plus
est devait être déclinée en double, une pour
l'il droit et une pour l'il gauche pour obtenir une
vue en 3D.
Tout en relief
Si
Avatar a été diffusé sur des écrans
traditionnels, il pouvait également être vu en 3D relief.
Indépendamment de la technique d'enregistrement et de reproduction
des images du film, la 3D utilise deux techniques suivant les salles
: soit les lunettes à cristaux liquides, soit le système
à polarisation, qui reposent sur la stéréoscopie.
La stéréoscopie dans le septième art ?
Il s'agit avant tout de se libérer des images "plates" des
écrans de salles de cinéma pour reproduire le mécanisme
de notre vision. Il ne s'agit plus de regarder un film mais d'y
entrer, de pénétrer dans un univers inconnu.
La stéréoscopie est l'ensemble des techniques mises
en uvre pour reproduire une perception du relief à
partir de deux images planes. Le film a été tourné
en relief, en digital 3D, Cameron étant à l'origine
de ces progrès. Le c inéaste
a participé au développement de la caméra 3Dn-Fusion,
utilisée pour filmer les scènes en trois dimensions.
Le système utilise deux caméras hautes définition
Sony HDC-F950 HD reliées entre elles afin de reproduire les
caractéristiques de la vision humaine. Un gain de temps remarquable
a été obtenu grâce à la motion capture.
Cette technique visant à capter les mouvements d'un acteur
et à les intégrer à un personnage numérique,
a contribué à ce que l'essentiel du film soit développé
en postproduction. C'est ainsi à une véritable évolution
de la 3D que le réalisateur nous a invités.
Désormais, le cinéma en relief donne des perceptions
nouvelles qui imposent aux réalisateurs à repenser
le mode de production des images et de promulguer de nouveaux choix
inventifs.
Grâce à la création de ce monde virtuel et la
visualisation 3D, James Cameron ne souhaitait pas simplement nous
montrer Pandora : il voulait nous y faire voyager.
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